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Vivante

Vous êtes-vous déjà posé ces questions : Qu’est-ce que la Vie ?  Qu’est-ce qu’être vivant ? Avez-vous déjà cherché à en saisir la substance ? À travers vous ou tout être vivant que vous observez ?

Lorsque j’étais enfant, je cherchais. J’avais cette immense chance de grandir au contact de la nature. Que dis-je, d’être constamment baignée de nature ! A l’époque dont je vous parle, le jardin familial avait la dimension d’un terrain d’exploration. Il n’en fallait pas plus, tout était là, contenu en ça. La quinzaine d’ares déployée devant moi était si riche qu’elle revêtait la parure d’un trésor.

Immédiatement je commençai mon enquête :

Qu’est-ce qui, dans cette nature, interagit avec moi et me traverse aussi densément ? Qu’est-ce qui parle si fort à mes sens ? Quelle est cette matière invisible qui a le pouvoir de m’emplir si fort et de circuler entre les êtres vivants ?

Loin devant les 5 sens habituellement utilisés, j’en possédais un que je ne parvenais pas à définir, quelque chose qui percevait la Force de ce qui était, qui recevait avec intensité la Force Vie. Cette perception de la réalité matérielle m’interrogeait.

La nature ne chuchotait pas seulement à mes oreilles de douces mélodies mêlées de ravissants chants d’oiseaux et de bourdonnements d’abeilles, de bruissements de feuilles dans le vent suscitant ébahissements et extases ; elle exprimait si fort ce qu’elle était dans son essence que je ne parvenais pas à entendre. C’en était trop fort pour mon mental en construction. Quelque chose dehors était si tangible que j’aurais pu le tenir à deux mains, et si immatérielle qu’elle m’échappait totalement.

C’était contenu dans l’existence de la fourmi qui se frayait un chemin au pied des brins d’herbes, c’était contenu dans l’existence des nuages, dans l’infini du ciel et dans l’espace entre les nuages et moi, dans l’humeur de la journée (Oui, chaque journée avait son humeur et je m’en imprégnais).

Mon enfance fût donc vivement colorée de mille aventures d’exploratrice au pays de la verdure, mais aussi de quantités d’heures d’observation de « ça ». Je passais beaucoup de temps à regarder l’érable champêtre depuis la fenêtre de ma chambre en me demandant ce qui se passait. Comment cet être si immobile peut-il dégager une telle intensité de Vie ? Comment « cela » pouvait-il être aussi vivant et ne pas parler ?  Comment « cela » peut-il parler si fort sans que Je ne sache l’entendre ?

Je restais perplexe, j’avais alors 6 ans.

J’écoutais tant que je le pu sans parvenir à un résultat. J’en conclus que ça ne s’entendait pas par les oreilles et qu’il me manquait une faculté.

Ce que je captais alors, je ne savais pas le nommer. Et je découvrais plus tard que toutes mes questions n’avaient qu’une seule réponse :  la Conscience.

J’avais su percevoir que le Monde était une vaste Conscience dont je ressentais la Force, que cette Conscience était la force qui donnait cohésion à la matière, que chaque individu de matière était lui-même mû par une conscience individuelle dont je ressentais la présence, et avec laquelle j’étais en interaction. Et ce qui se développait en moi était ma propre conscience et je m’étonnais d’être dotée d’un sens pareil !

Aujourd’hui je souris de cette époque bénie et de mes premières grandes interrogations sur la vie et sur la nature. Cette curiosité enfantine a grandit et m’a finalement apporté d’immenses cadeaux. Car dans cette exploration de Conscience, j’ai découvert et découvre encore la véritable nature du monde, la véritable nature des êtres qui le peuplent tandis que cette Force ineffable, ce pur principe de Vie, colonise tout mon Être et mon coeur, m’accueille dans son intimité en m’offrant cette fabuleuse capacité d’accès à la multitude de ses facettes et par la même, la faculté d’harmonisation.